Posts Tagged ‘Jeux Olympiques d’hiver’

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L’épopée de Simon Ammann et de son éclair de feu

14 mars, 2010

yas : petite flash back : nous sommes en 2002 à Salt Lake City et l’une des sensations des XIXes Jeux Olympiques d’hiver est suisse et se fait surnommer « Harry Potter ».

De droite à gauche: Małysz, Ammann et Hautamäki (podium grand tremplin)

Avec ce look (lunettes rondes et long manteau rappelant les caps des sorciers) et cette bouille juvénile, à laquelle on donnerait volontiers bien moins que son âge véritable, le surnom était tout trouvé pour Simon Ammann qui, à la surprise générale, a raflé deux fois l’or olympique en saut à ski, à Salt Lake. Sa joie était immense car à 20 ans, il participait, certes, à ses deuxièmes jeux mais il n’avait encore jamais remporté de victoire en Coupe du Monde et le voila qui reléguait aux places d’honneur des sauteurs aussi talentueux que Sven Hannawald, Adam Małysz ou encore Matti Hautamäki et ce aussi bien en petit qu’en grand tremplin.

Une fois l’année 2002 écoulée, Simon Ammann a prouvé qu’à l’instar du reste de l’humanité il n’était, finalement, pas étranger à la loi de la gravité. Et le retour sur terre fut assez difficile pour ce double champion olympique qui passa à côté des championnats du monde de Val di Fiemme (Italie) en 2003 et d’Oberstdorf (Allemagne) en 2005. La flamme et l’enthousiasme olympiques de Turin, en 2006, n’y changèrent rien et il obtint des résultats très éloignés de ce qu’il a pu avoir en 2002.

Il est toujours pénible de voir défaillir un sportif dont le talent a été démontré. Mais, heureusement pour Ammann, la traversée de la toundra (ben oui, il s’agit des sports d’hiver, il faut tout adapter en conséquence. XD) a touché peu à peu à sa fin en 2007. Car à Sapporo, au pays du soleil levant, la carrière du suisse a atteint de nouveau le firmament. En effet lors des championnats du monde qui s’y sont déroulés, Ammann a ramené deux médailles avec ses skis. Une en or en grand tremplin et l’autre en argent en petit tremplin. Les saisons qui suivirent furent assez riches en résultats avec une douzaine de victoires en coupe du monde (entre 2007 et début 2010) ainsi que la médaille de bronze en petit tremplin lors des championnats du monde de 2009 à Liberec (République Tchèque).

Simon Ammann abordait, donc, les jeux de Vancouver avec un parcours plus digne d’un sauteur doublement couronné d’or lors d’une olympiade. Il avait de meilleurs résultats qu’à la veille des jeux du Turin! Et huit ans après avoir bluffé tout le monde, il a remis ça, en frappant très fort dès le premier jour des XXIes jeux d’hiver en remportant son troisième titre olympique en saut à ski (petit tremplin) suivi quelques jours plus tard d’un deuxième sacre en grand tremplin. Le schéma de 2002 se reproduisait et les journalistes clamaient haut et fort le retour d’Harry Potter!

Et même si à 28 ans, Ammann a un peu dépassé l’âge d’être surnommé ainsi force est d’admettre que la magie opère de nouveau pour lui. Et tout comme Harry, il vole sur ses skis qui auraient pu être estampillés « éclair de feu » (la plus prestigieuse des maques de ballets volants dans l’univers crée pa JK Rowling) alors que ces adversaires, de très grande qualité (notamment les autrichiens archis favoris de cette compétition avec 4 sauteurs classés dans les 5 premiers mondiaux), sont restés un cran en dessous avec leurs skis « Nimbus 2000 » qui reste une excellente marque, certes, mais insuffisante pour voler aussi loin que Simon Ammann lors de ces jeux.

Franchement, un très grand bravo à Simon Ammann qui a réalisé ce que personne avant lui n’avait fait dans son sport, à savoir remporter les deux titres individuels lors de deux olympiades. Encore, bravo l’artiste! Lui repartira en Suisse avec ses belles médailles, qui sont pour la petite histoire façonnées à la main et les plus lourdes qu’ont connu les jeux, et nous, nous garderons en mémoire ses magnifiques sauts, notamment à plus de 140 m en grand tremplin, pendant lesquels il apparait comme suspendu dans les airs….comme sous l’emprise de Wingardium leviosa (sort de lévitation)…encore une fois la comparaison avec Harry Potter s’impose ^^.

Mais la fin des jeux ne marqua pas la fin des victoires et des célébrations pour ce suisse volant. En effet, il y a deux jours, il s’imposa lors de l’avant dernière épreuve de Coupe du Monde à Lillehammer, ce qui lui assura définitivement la première place du classement général de sa discipline. Il devint, donc, le premier helvète à remporter un globe de cristal en saut à ski. Ce qui lui vaut le troisième barvo de ce billet ^^.

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Pourquoi faut-il aimer les Jeux Olympiques d’hiver

28 février, 2010

yas : les jeux sont faits…enfin, presque, il reste la très attendue finale de hockey sur glace. Finale au bout de laquelle toute une nation espère que son équipe apportera une 14ème breloque en or au pays organisateur de ces XXIes olympiades d’hiver, histoire d’assoir encore plus sa domination sur le tableau des médailles (il s’agit là d’avoir le plus grand nombre de médailles d’or). En effet, quelque soit la nationalité des prochains champions olympiques de hockey, le Canada a d’ores et déjà assuré sa première place du classement des médailles. Pas mal pour un pays qui par deux fois, déjà, s’est vu confier l’honneur d’organiser des jeux olympiques (Montréal, été 1976, et Calgary, hiver 1988) hiver) mais n’a pas réussi à empocher la moindre médaille d’or sur son propre territoire!

Finale de hockey sur glace: Canada vs USA

Félicitations au Canada, donc, qui comme la Chine, il y a deux ans, termine en tête du tableau des médailles et surtout devance les USA!! Franchement, ils gagnent tout partout! Il y en a marre à la fin! Donc, rien que sur ce point, les jeux de Vancouver sont un véritables succès^^…et dire qu’ils s’achèvent aujourd’hui T_T…perso, j’ai passé deux semaines de rêve à vivre au rythme des exploits des meilleurs sportifs sur neige et sur glace. Pendant ce temps, mon entourage me plaignait de m’infliger ce spectacle et d’inverser mon rythme nycthéméral  à cause du décalage horaire. D’ailleurs, même les Guignols ou le SAV pointaient du doigt le manque d’intérêt que montre le publique à cet événement.

Et c’est un fait, les jeux olympiques d’hiver ne passionnent pas les foules comme peuvent le faire leurs homologues estivaux, une coupe du Monde de football ou encore les championnats du Monde d’athlétisme. Et il n’y a qu’à ouvrir nos cahiers de géographie pour l’expliquer. Les monts enneigés sont très loin d’avoir une répartition ubiquitaire et la pratique des sports d’hiver est essentiellement tributaire du climat. Au final, donc, 204 délégations se sont présentées à Pékin, il y a deux ans, pour concourir dans 302 épreuves, contre 82 cet hiver à Vancouver pour un total de 86 disciplines. Ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Toutefois, je ne crois pas qu’il faille absolument qu’on ait chaussé des skis ou des patins dans sa vie pour apprécier la beauté des spectacles proposés par les sports d’hiver. Car il est bel et bien question de spectacle dans la majeure partie des disciplines.

Regarder les jeux olympiques d’hiver, c’est voir de véritables casses cou s’élancer du haut d ‘un tremplin et voler sur plus de 140 m.

Simon Ammann (SUI) deux médailles d'or en saut à ski, petit et grand tremplins

Regarder les jeux olympiques d’hiver, c’est voir que les maths appliqués au snowboard donnent un résultat des plus spectaculaires avec des figures dont les noms sont issus, entre autres, du nombre de degré des rotations, type « Double McTwist 1260° « .

Shaun White (USA) médaille d'or en snowboard halfpine

Regarder les jeux olympiques d’hiver, c’est avoir un véritable échiquier sur glace grâce. Certes, il faut avoir un minimum de connaissances pour trouver le curling intéressant mais une fois que les notions de bases sont acquises les matchs sont passionnants de stratégie et de finesse.

Différents matchs de curling se déroulant en même temps

Regarder les jeux olympiques d’hiver, c’est bien sûr assister à la quintessence de la beauté, de la force, de la grâce et de la technicité sur glace.

Yu-Na Kim médaille d'or en patinage artistique

Tessa Virtue et Scott Moir médaille d'or en danse sur glace

Regarder les jeux olympiques d’hiver, c’est voir des skieurs conscients de la chute qui pourrait les guetter mais qui s’élancent, quand même, tambour battant sur des pistes où la neige s’est, parfois, transformée en glace.

Carlo Janka (SUI) médaille d'or en Slalom Géant

Regarder les jeux olympiques d’hiver, c’est voir un sport où l’issue n’a rarement été aussi incertaine. Au biathlon, habile association du ski de fond et du tir, rien n’est joué avant que la dernière balle ne soit tirée.

Ole Einar Bjoerndalen (NOR) médailles d'or en relai et d'argent en individuel

Regarder les jeux olympiques d’hiver, c’est voir des sportifs foncer tête la première comme si de rien n’était!

Alexander Tretyakov (RUS) médaille de bronze en Skeleton

Ceci est seulement un petit aperçu de ce qu’on a pu voir à Vancouver. Et vous l’aurez compris, la plupart de ces sportifs se shootent carrément à l’adrénaline compte tenu des sensations fortes que leur procurent leurs sports respectifs. Et le plus important pour eux reste de réaliser les plus belles courbes, les plus belles figures, les plus beaux/ hauts sauts, les plus belles/rapides pirouettes…etc. et tout ceci pour notre plus grand émerveillement.

Voilà, la cérémonie de clôture aura lieu tout à l’heure vers 2h30 du matin, si je ne me trome pas. Nous dirons au revoir à Vancouver et rendez-vous en 2014, à Sochi (Russie).

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Gangs of Vancouver!

16 février, 2010

yas : hier ont débuté les très attendues épreuves de patinages artistiques des JO de Vancouver. Les couples ont fait leur entrée sur la patinoire de la salle du Pacific Coliseum, et à l’issue de leurs programmes courts, les chinois Shen Xue et Zhao Hongbo se sont emparés de la tête du classement devant les double champions du monde allemands Aliona Savchenko et Robin Szolkowy et les russes Yuko Kavaguti et Alexander Smirnov, récents champions d’Europe.

La synchronisation de Shen Xue et Zhao Hongbo

Shen Xue et Zhao Hongbo, couple dans la vie comme sur la glace, s’étaient retirés de la compétition en 2007 après avoir remporté leur troisième titre mondial à Tokyo. La motivation de ce come-back est limpide comme du LCR, ils visent le titre olympique, ultime récompense qui manque à leur prestigieux palmarès. En effet, aussi bien à Salt Lake City (2002) qu’à Turin (2006), leur quête d’or s’est heurtée, à deux reprises, au bronze. Personnellement, je leur souhaite d’être enfin couronnés champions olympiques. Ce ne serait que justice, d’ailleurs, car en plus d’être d’excellents techniciens, ils patinent en totale harmonie et avec tellement de grâce qu’il est difficile de ne pas être ému par leurs prestations. Allez Xue et Hongbo, je suis de tout cœur avec vous! Mais pour qu’ils s’imposent, il leur faudra parfaitement exécuter leur programme libre car ils n’ont pas beaucoup d’avance sur leurs adversaires allemands et russes (les trois premiers couples se tenant à un peu plus de deux points, seulement, les uns des autres). Et si nous assistions à un tir groupé pour l’empire du milieu?! Car Pang Qing/Tong Jian et Zhang Dan/Zhang Hao, deux autres couples chinois, ont respectivement terminé 4ème et 5ème du programme libre mais il leur sera très difficile de combler l’écart qui les sépare des autres couples, d’autant plus si ces derniers ne font pas de fautes. Rendez-vous dans  quelques instants pour assister au dénouement de cette épreuve.

Shen Xue et Zhao Hongbo

Ensuite, les couples laisseront la patinoire à ses messieurs, programmes court demain et libre jeudi, inchallah. Et là, logiquement, un minimum de fautes assurera un maximum de spectacle décuplé, d’autant plus, par le talent des patineurs en lice. Et je peux vous dire que ces patineurs là, ils ont la gnaque!

A commencer par le tenant du titre, Evgeni Plushenko, et son dauphin, Stéphane Lambiel. Les deux jeunes hommes ont rechaussé leurs patins après avoir mis leurs carrières respectives en hiatus (vous ne trouvez pas qu’il y a beaucoup de sportifs qui reviennent de pauses ou de pseudo-retraites dernièrement…message à l’intention de Marat Safin : pourquoi tu n’en ferais pas de même????!!!!). Et cela va sans dire qu’ils comptent faire d’aussi bons résultats que lors de leurs derniers jeux, voire mieux dans le cas de Lambiel. Ensuite, il y a Brian Joubert à qui il ne manque que le titre olympique et qui veut faire oublier sa 6ème place de Turin. Et bien sûr mon chouchou Daisuke Takahashi dont le lac des cygnes version hip-hop restera toujours gravé dans ma mémoire.

Bon, là, je n’ai cité que mes préférés que je voudrais bien voir sur le podium et je sais que je peux compter sur eux pour se battre à coup de quadruple saut, triple axel et autres combinaisons quad/triple et triple/triple…hop, hop, hop! J’ai oublié la participation des américains et des canadiens…mon enthousiasme retombe brusquement du coup. C’est pas contre ces patineurs mais il faut dire que le nouveau système de notation du patinage artistique (auquel je ne comprends pas grand chose malgré les explications à répétition des commentateurs, mais même les juges ont droit à des stages de formation pour bien noter les patineuses et patineurs, alors!) a engendré une véritable guerre glacée entre le bloc Europe/Asie et le bloc Amérique du Nord. Perso, je suis fan des patineurs du premier groupe qui, tout en étant puissants et très techniques, interprètent leurs programmes avec passion et charisme. Alors que les américains et les canadiens tablent sur la note de présentation et ses composantes au détriment de la note technique. Concrètement, le nouveau système d’évaluation avantagera un programme bien exécuté mais sans réelles difficultés sur un autre qui sera plus audacieux. Ce que je trouve assez injuste.

Autant dire que cette situation suscite la polémique depuis l’instauration de cette nouvelle notation mais la controverse s’embrase encore plus à l’occasion de ces jeux. Affaire à suivre à partir de demain inchallah!