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« La part de l’autre » Comment devient-on Adolf Hitler ?!!

20 mars, 2009

knu :

Hmm le nazisme au cinéma… l’image projetée de cette période, me laisse perplexe, on a soit le droit à des films sur la tentative d’éradication des juifs, censés nous faire pleurer pour leur sort (malgré qu’ils fassent bien pire au peuple palestinien), soit des films d’action, avec en général plein d’explosions et des acteurs avec un affreux accent pseudo allemand.

Sur la même lignée voici le dernier film en salle « Valkyrie » avec Tom Cruise, qui ce veut cependant avoir un fond plus sombre, avec une histoire de complot pour le meurtre de Hitler.

Je ne pense pas que je le regarderai, j’aime pas Tom Cruise et ce n’est pas le sujet de mon article, je surfe juste sur l’actualité cinématographique, pour parler du livre que je suis en train de lire « La part de l’autre » de Eric-Emmanuel Schmitt.

hitlerPas de préjugés !! je vous vois venir, un livre sur Hitler, veut forcément dire que c’est soulant, la preuve en est, mes parents qui en me voyant le lire m’ont dit « Hitler !! c’est pas trop lourd ?! ».

Non !! Et même que c’est sympa, le résumé m’a tout de suite attiré :

« 8 octobre 1908 : Adolf Hitler recalé.

Que se serait-il passé si l’école des beaux arts de Vienne en avait décidé autrement ? Que serait-il arrivé si, cette minute-là, le jury avait accepté et non refusé Adolf Hitler, flatté puis épanoui ses ambitions d’artiste ? Cette minute-là aurait changé le cours d’une vie, celle du jeune, timide et passionné Adolf Hitler, mais elle aurait aussi changé le cours du monde… »

Le livre contient donc deux histoire parallèle, commençant du même personnage le jeune Adolf Hitler, le livre se sépare en suite en deux chemins, qui ne feront que s’éloigner de plus en plus, jusqu’à arriver à deux personnages et deux ambiances qui n’ont rien avoir l’une avec l’autre.

D’une part un Hitler qui n’a pas pu réaliser son rêve, cultive ses complexes, et devient l’un des plus grands orateurs de son siècle, et aussi l’un des plus meurtriers.

D’autre part un Hitler passionné qui a suivi ses études, ayant des amis, des amours, et ne se souciant pas du tout du sort de la politique.

Au fil du livre, on se souvient du cours de philosophie en terminal « la personnalité est en fonction de la génétique ou de l’environnement ? », ou à quel point ce qui nous arrive peut influencer nos décisions, nos pensées et notre vie.

Bien que le livre soit en grande partie une fiction, la destinée des personnages intrigue et attire, si l’un des deux Hitler est réel, et que sa fin est connu de tous, qu’arrivera-t-il au deuxième ?? Qu’aurait été le monde sans cette personne ?? Ou veut en venir l’auteur ??

Ce livre est passionnant, mène à réfléchir (si on en prend la peine), facile à lire, et ponctué de quelques touches d’humeur malgré qu’à l’origine le sujet soit sérieux, avec des invités inattendus.

Petit extrait que j’ai apprécié :

« … Mes amis, j’écris ce petit mot pour vous dire que je vous aime, que je pars avec la fierté de vous avoir connus, l’orgueil d’avoir été choisi et apprécié par vous, et que notre amitié fut sans doute la plus belle œuvre de ma vie. C’est étrange l’amitié. Alors qu’en amour, on parle d’amour, entre vrais amis on ne parle pas d’amitié. L’amitié, on la fait sans la nommer ni la commenter. C’est fort et silencieux. C’est pudique. C’est viril. C’est le romantisme des hommes. Elle doit être beaucoup plus profonde et solide que l’amour pour qu’on ne la disperse pas sottement en mots, en déclarations, en poèmes, en lettres. En mourant, c’est à ce grand mystère silencieux que je songe et je lui rends hommage.

Mes amis, je vous ai vus mal rasés, crottés, de mauvaise humeur, en train de vous gratter, de péter, de roter, de chier des diarrhées infinies, et pourtant je n’ai jamais cessé de vous aimer. J’en aurais sans doute voulu à une femme de m’imposer toutes ces misères, je l’aurais quittée, insultée, répudiée. Vous pas. Au contraire. Chaque fois que je vous voyais plus vulnérables, je vous aimais davantage. C’est injuste n’est-ce pas ? L’homme et la femme ne s’aimeront jamais aussi authentique que deux amis parce que leur relation est pourrie par la séduction. Ils jouent un rôle. Pire, ils cherchent chacun de beau rôle. Théâtre. Comédie. Mensonge. Il n’y a pas de sécurité en amour car chacun pense qu’il doit dissimuler, qu’il ne peut être aimé tel qu’il est. Apparence. Fausse façade. Un grand amour, c’est un mensonge réussi et constamment renouvelé. Une amitié, c’est une vérité qui s’impose. L’amitié est nue, l’amour fardé… »

Merci tata de nous l’avoir passé ^^, enfin lui et tout les autres très bons livres.

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